JOURNAL D’UN PRÊTRE EN BOLIVIE (54)

Cochabamba dimanche 23 décembre 2012

Chers amis, chers parents,

Mille excuses pour commencer pour ceux et celles qui n´ont pas vu arriver le courrier mensuel plus tôt ! Une erreur d´enregistrement sur ordinateur m´a fait perdre la lettre que je vous avais écrit quelques semaines auparavant, et comme avec le temps de l´Avent et la préparation des fêtes de Noel nous avons été pas mal bousculés, j´ai du remettre sans cesse à plus tard une nouvelle rédaction.

D´ici quelques jours, je me retrouverai seul  durant deux petites semaines pour assurer la permanence sur la paroisse, chacun profitant de cette période de congés pour se reposer un peu, visiter famille et amis, travailler les partiels de l´été pour les étudiants les plus courageux, ou chercher à gagner tout simplement un peu d´argent durant les fêtes et les vacances d´été.

La perspective de passer la main  début janvier 2013 fait que je m´accommode de cette situation sans trop de peine, sachant que dans quelques semaines je n assurerai plus à ma demande la responsabilité de la paroisse. Selon toute probabilité, Oscar devrait prendre la relève. Je m inquiète toutefois un peu de savoir qu´il devra assumer seul  ses nouvelles fonctions après mon départ, même si l´archevêque avec lequel il a vécu durant deux ans lui a promis de venir lui donner chaque semaine un coup de main. Pour l´heure, aucun autre prêtre diocésain bolivien ne se propose pour venir travailler sur la paroisse.

Je dois avouer que la perspective d´un retour dans quelques mois en France se fait d´avantage présente chaque jour, et surtout de pouvoir souffler un peu et naviguer ensuite en d´autres eaux. Au bout de 7 ans, je réalise qu´il est temps de passer la main et de laisser à nos frères prêtres boliviens la responsabilité pleine et entière de l’évangélisation de cette nouvelle population de familles de migrants de l´intérieur du pays venue peupler en masse la ville de Cochabamba.

Nous venons de vivre le temps de l´Avent dans un contexte difficile de société bolivienne socialement fracturée et prise au piège de ses propres aspirations et contradictions. L´argent facile pour un certain nombre, la tentation de la surconsommation pour les nouveaux riches souvent sans foi ni loi commencent à faire de sérieux dégâts. Même les plus pauvres se laissent séduire par les campagnes de publicité, ne vivant quelques uns que  pour la seule ambition de pouvoir un jour obtenir un emploi ou un statut social qui leur permettent comme ils disent d´avoir une vie tranquille et confortable comme les autres, les nouveaux riches !

Dans un tel contexte de société, il n´est pas facile pastoralement d´inviter les personnes à porter un autre regard sur leur vie et sur celle du monde dans lequel nous vivons ; les fêtes de la Nativité passent pour beaucoup  au second plan et se résument bien souvent pour les enfants de nos quartiers à attendre  le ou les cadeaux distribués par les associations de bienfaisance qui leur permettront le temps de quelques heures ou jours de communier à cette fièvre de dépenses et d´achats qui envahie les consciences.

Sur les différents secteurs du territoire paroissial, nous avons animé depuis la fin novembre des réunions hebdomadaires -sans véritable succès- pour inviter chacun à se préparer autrement  à la Nativité, dans un  esprit de prière fidèle à la Bonne Nouvelle de « Dieu avec nous »,  invitant les familles à vivre entre elles une démarche communautaire et solidaire,  libre et créative.

Fin novembre d´autre part, nous avons appris  que notre paroisse était sélectionnée avec deux autres comme bénéficiaires d´une campagne publicitaire de collecte de jouets, d´aliments et vêtements, orchestrée par un canal de télévision locale et la Caritas diocésaine. Le temps d´une conférence de presse à l´archevêché et d´un interview en direct en matinée dans les studios de la télévision, j´ai pu nommer quelques uns des défis auxquels notre Eglise catholique a  à faire face si elle veut être dans l´avenir légitiment reconnue auprès des familles de nos quartiers comme un partenaire à part entière dans la construction de cette nouvelle société bolivienne.(Pour ceux que cela intéresse, je vous renvoie à ce propos à l´article retranscris dans le bulletin diocésain « Elmensajero ». Les responsables de la campagne ont collecté comme prévu jouets, aliments et vêtements usagés qu´ils nous ont fait parvenir jeudi dernier. Pour ma part, j´aimerais surtout dans l´avenir que nos amis boliviens de condition aisée se montrent à la hauteur des défis à relever par toute la société bolivienne, qui ne peuvent malheureusement pas se résumer à la distribution de quelques vivres ou jouets en période de Noel !

Dans la deuxième partie de ce courrier mensuel, j´aimerais vous partager quelques nouvelles de l´actualité des semaines écoulées.

Vous dire tout d´abord que l´actualité politique et économique du pays est comme toujours dominée par les conflits d´intérêts partisans et idéologiques, par la corruption à tous les niveaux de la vie citoyenne, par la lutte antidrogue contre les réseaux mafieux et par les conséquences de tant d´injustices économiques et sociales qui gangrènent la société. Il est difficile pour les autorités en place de garder le cap d´un projet de société qui ne soit pas idéologiquement partisan. On aimerait également que les autorités de l´Eglise et des églises (protestantes évangéliques pour la plupart) soient davantage animées par le souci  d´une vie de foi prophétique simple, évangélique, fraternelle, partagée au sein de petites communautés de quartier appelées à être levain dans la pâte et lumière et sel de la terre. L’option préférentielle pour les pauvres, réaffirmée à l´occasion de la dernière conférence des évêques latino américain à Aparecida au Brésil, reste dans ce sens un défi  impossible à relever pour notre église locale. Dans les quartiers où nous travaillons, les méfaits de l´alcoolisme, les familles éclatées, le manque de travail et de possibilité de se former professionnellement pour les plus pauvres, la difficulté de donner un sens à sa vie en référence aux valeurs communautaires évangéliques, font qu´il est bien difficile de  promouvoir un processus de changement de mentalité en référence au baptême et à l´Esprit de Dieu. Et à cette heure, la communauté paroissiale ne bénéficie toujours pas de la solidarité ecclésiale diocésaine espérée.

Cette fin d´année nous a permis en paroisse comme en doyenné et au plan diocésain de vivre quelques journées d´évaluation de notre travail annuel. Il  est encore trop tôt pour en faire un résumé et une synthèse qui nous aide à définir quelques priorités pastorales pour l´année 2013, mais en clair nous pouvons d´ores et déjà nous lancer quelques défis paroissiaux comme celui d´un travail approfondi d´évangélisation et de cheminement avec les familles, celui d´une formation à la vie communautaire ecclésiale sur chaque secteur, celui de la formation chrétienne des jeunes adultes étudiants ou professionnels et celui d´un travail inter disciplinaire depuis les différentes commissions mises en place dans les années passées. Ces derniers mois, nous avons rencontré quelques difficultés de collaboration entre étudiants, responsables des différentes commissions,  parents d´enfants bénéficiaires des services pastoraux et membres de l´équipe d´animation de la paroisse. Une nouvelle page de l´histoire de notre jeune paroisse s´ouvre en 2013, et ceux et celles qui en seront les acteurs et les responsables auront bien besoin de notre soutien, de notre fidélité en amitié  et de notre prière pour poursuivre l´aventure de la foi sur ce territoire périurbain.

Quelques bonnes nouvelles au chapitre de ces dernières semaines : celle tout d´abord de la fondation en début d´année 2013 d´une nouvelle communauté de 3 religieuses carmélitaine apostolique chilienne, brésilienne et vénézuélienne, celle de la poursuite du plan de construction du centre pastoral de prévention Nuqanchik grâce en grande partie à la donation de la fondation Arfeuille, celle enfin de la poursuite de l´aide apportée par la fondation médicale Saint Luc et son équipe de médecin et dentiste. Je tiens également à remercier chaudement en cette fin d´année ceux et celles d´entre vous qui continuent fidèlement à nous soutenir personnellement par leur prière, leur amitié et leur participation à la vie d´association comme celle de Giltzarria ou de Cochateauroux. Deux nouvelles associations sont venues nous rejoindre cette année, celle de Menetou Salon en Fête et celle de ces tout jeunes étudiants de l´université Harward  aux Etats Unis venus nous visiter cet hiver. Nous les en remercions également.

Une mauvaise nouvelle parmi d´autres qui montre à quel point il est parfois difficile et décourageant d´essayer de promouvoir des efforts de justice sociale et de solidarité. J´avais sollicité votre aide il y a quelques temps à propos du jeune Carlos menacé de devenir aveugle et auquel les médecins ont proposé une opération de la cornée et de la cataracte. Après une série d´examens complémentaires qui ont retardé la date prévue de l´opération, les parents adoptifs de Carlos ont finalement décidé de refuser l´opération n´ayant pu obtenir des chirurgiens la certitude que Carlos allait pouvoir récupérer la vue. Cette décision a été un coup dur pour la petite équipe de ceux et celles qui ont accompagné la famille jusqu`à ce jour et qui ne comprennent pas cette décision. J´envoie des aujourd´hui à ceux et celles qui nous ont apporté leur contribution un rapport détaillé de la docteur Norah.

Il est temps de terminer cette lettre mensuelle pour vous offrir à l´occasion des ces fêtes de la Nativité et de fin d´année l´assurance de ma prière amicale et fraternelle. Que l´Emmanuel continue d´éclairer les chemins de chacun et chacune d´entre nous et nous aide à travailler incessamment à la Paix et  la Réconciliation entre les hommes et les peuples et la manifestation de la gloire de Dieu en notre monde.

Et si Dieu le veut, nous nous reverrons en France pour un grand nombre d´entre vous en avril ou mai 2013.

Affectueusement

 

Jacques Delort

 

 PS : Aucune photo pour accompagner cette lettre, je m´en excuse, l´appareil est en panne depuis quelques semaines.

 

 

 

TEXTE DE L´ARTICLE PARU DANS LE BULLETIN DIOCESAIN “EL MENSAJERO »

 

 

 

CAMPAÑA NAVIDEÑA Y ADVIENTO SOLIDARIO

 

La parroquia Ntra. Sra. del camino de la localidad de Uspha Uspha será beneficiada por la campaña de solidaridad organizada por la pastoral Social Caritas de Cochabamba en colaboración con el Canal TLC.

P. Jaques Delort, párroco de la zona nos da a conocer las características de la parroquia:

Hasta el año 2006, el territorio dónde trabajamos era parte de la parroquia Santa Vera Cruz y administrado por los religiosos jesuitas.

Como sacerdote francés “Fidei donum “de la Arquidiócesis de Bourges, me mandó Mons. Tito Solari al final del año 2005 a trabajar en este territorio que se extiende entre el km 9 al km 15 de la avenida Petrolera con la perspectiva de conformar una nueva parroquia. Pude realizarlo con la colaboración de voluntarios estudiantes y profesionales quienes empezaron a ofrecer sus servicios pastorales educativos, sociales y de catequesis a la población de los barrios, siendo él que intentaba animar y coordinar estos servicios desde las necesidades manifestadas por las familias de la zona.

Después de tres años de labor pastoral, la parroquia Santa María del Camino se conformó por decreto canónico el 21 de abril del año 2009.

En este territorio, se han conformado con el tiempo unas 35 OTBs y Juntas Vecinales cuya población cuenta ahora con alrededor de 25000 habitantes.

En estos 6 últimos años, en un contexto bastante difícil y con pocos medios, se ha logrado afirmar la presencia de nuestra iglesia católica a través de los servicios que se han ido prestando en los diferentes sectores del territorio.

El trabajo pastoral en esta parroquia se realiza con dificultades por varios motivos:

• la extensión y la conformación geográfica del territorio, el acceso a muchos de sus barrios por caminos todavía en mal estado, la falta de transporte público en algunos lugares
• la presencia de dos municipios del Cercado y Arbieto que todavía no han podido definir los límites de su territorio y no pueden ofrecer a sus habitantes los derechos propietarios por sus lotes
• la falta de un esquema director de urbanización impulsado desde la gobernación y las dos municipalidades, y como consecuencia, la división y las peleas entre dirigentes locales.
• La falta de servicios básicos públicos como el agua, el alcantarillado, la colecta de basura, la poca presencia de servicios públicos como la policía, la administración del Estado, de la gobernación o de la municipalidad, los servicios de salud, sociales y jurídicos, la falta de mercados, de colegios de secundaria, de unidades educativas técnicas y de centros de formación por el acceso a Internet por ejemplo.
• La falta de unidades productivas, empresariales que puedan generar empleos y capacitar a los habitantes y por consecuencia el desempleo o la dificultad de conseguir un trabajo fijo, digno y remunerador.
• Y como consecuencia de todo eso, la dificultad de convivir entre los habitantes de este territorio que vienen al principio de otros departamentos del Altiplano, otras provincias rurales y ahora de la misma ciudad de Cochabamba. La diversidad de proveniencia de las familias dificulta la posibilidad de convivir entre los migrantes cuando no hay la posibilidad de referirse a unos objetivos comunes y proyectos definidos desde algunas prioridades de desarrollo periurbano.
• En fin, como consecuencia del mal estar que uno puede experimentar en su diario vivir se manifiestan varias formas de violencia en los hogares entre miembros de una misma familia, entre OTBs y barrios, entre jóvenes y adultos, entre profesores y padres de familia, desde las chicherías, los locales de fiesta, las víctimas del narco tráfico, las pandillas y los ladrones.
• A pesar de todo eso como mencionaba al principio de esta exposición, se ha logrado ofrecer a lo largo de los años con la colaboración de nuestra Iglesia Católica a vocación universal y de otros actores de la sociedad unos espacios de convivencia pacífica, de concientización y de formación humana y espiritual con la colaboración de muchos voluntarios y profesionales y la participación de algunas familias del lugar.

Hoy en día como miembros y responsables de esa nueva parroquia, nos preocupa la falta de interés y de compromiso solidario de un gran número de católicos con estas zonas periurbanas dónde los índices de pobreza siguen altos.

Con esta campaña navideña, nos ofrecen ustedes como responsables de un medio de comunicación la oportunidad de hablar a la conciencia de los católicos para invitarles a preocuparse con nosotros del futuro de tantas familias y tantos jóvenes y niños que viven a la periferia de la ciudad de Cochabamba. ¿Si pretendemos ser una sola familia como miembros de la Iglesia Católica, como podemos aceptar las consecuencias de tantas injusticias económicas y sociales que se dan por ejemplo al nivel de la sociedad cochabambina entre el norte y el sur?

¡Que esta campaña navideña por beneficio de los más necesitados de las familias que viven en nuestro territorio sea para los que no conocen nuestra realidad humana o no quieren conocerla, la oportunidad de un tiempo de Adviento solidario, y que puedan dar no solamente de lo que les sobra materialmente como juguetes, alimentos y material escolar, sino de lo que necesitan ellos mismos para realizar el sueño de Dios de unas sociedades más fraternas, más pacíficas y más educadas con referencia a los valores del Evangelio y del Reino de Dios! Hablamos en el caso concreto de nuestra parroquia de estructuras eclesiales como casa parroquial, ambientes propios para la vida de las diferentes comunidades, de empleos y de formación para los que nunca han podido capacitarse, hablamos de recursos económicos para la parroquia cuando uno se da cuenta que la misma vive gracias al aporte y la solidaridad de mi diócesis de Francia y de algunos amigos franceses.

¡Basta de actitudes discriminatorias o prepotentes de parte de los que asumen cualquier tipo de poder, de los que tienen recursos y no quieren compartirles para mejorar la vida de los habitantes de estos territorios periurbanos! El tiempo ha llegado de ofrecer sus servicios desinteresados por muchos de los que recibirán esta invitación a manifestarse solidarios de sus hermanos y hermanas, miembros de la misma Iglesia, por medio de su campaña navideña. Nuevamente muchas gracias por la iniciativa gratuita de los responsables del canal 21 y de la Caritas diocesana y que Dios bendiga a todos los que les colaborarán con este afán de derrumbar los muros de indiferencia o de hostilidad que nos separan entre el norte, el centro y el sur de nuestra linda ciudad de Cochabamba. (P. Jacques DELORT, párroco Santa María del Camino)

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