JOURNAL D’UN PRÊTRE EN BOLIVIE (15)

Cochabamba lunes 06 de octubre de 2008

dscn04441.jpg

 

 Chers parents, chers amis, 

  

Le moment est venu de vous donner quelques nouvelles après plusieurs semaines bien chargées d´activités pastorales.  

Avec les premières pluies, nous vivons un changement de saison qui a été précédé par de fortes bourrasques de vents et des moments de forte pollution sur la ville liée entre autre aux brûlis des mauvaises herbes sur les pentes des montagnes environnantes. 

Le vent soulève à cette saison des monceaux de poussière de roche ; ajouté aux pollens de la floraison des massifs et des arbres et aux émissions polluantes des véhicules en ville, cela entraîne pour un grand nombre de personnes des infections pulmonaires, des rhumes et des refroidissements grippaux. 

Je fus donc à compter cette année pour la première fois parmi les victimes de ces conséquences, ce qui m´a obligé à réduire mes activités durant plus de quinze jours et explique aussi le retard pris dans l´échange de correspondance avec un certain nombre d´entre vous.  

Quelques mots sur l´actualité politique guère agréable à commenter ces temps-ci. Au terme de 18 jours de négociations entre gouvernement et opposition à Cochabamba, aucun accord national n´a pu encore être signé. Les tensions sociales risquent forts d´être réactivées dans les prochaines semaines dans le cas ou le congrès s´opposerait à l´organisation du référendum sur la proposition de nouvelle Constitution pour le pays.  

Depuis une semaine, la maison est occupée par 2 nouveaux locataires Delphine, volontaire DCC et Jacques, prêtre Fidei Donum des Vosges pour le diocèse de Potosi. Je retrouve avec eux  avec un certain plaisir  l´usage du français et la convivialité des repas; je leur consacre aussi un peu de temps pour leur permettre la meilleure adaptation possible à une réalité qui leur était jusque là étrangère.  

Je vous le disais, le travail pastoral ne m´a pas manqué ces dernières semaines et j´y ai laissé les quelques kilos pris en France durant mes congés et sans doute aussi quelques cheveux blancs !  

Au service diocésain de la pastorale des migrants, les activités sont multiples et la difficulté consiste à accompagner des initiatives et des projets qui ne sont pas toujours bien pensés et menés à bien par les volontaires. Cela manque parfois de rigueur dans le domaine organisationnel et surtout dans le domaine économique; il faut ensuite en assumer avec eux les conséquences. 

L´équipe s´est un peu renouvelée grâce à la présence pour quelques mois d´étudiants stagiaires qui font un bon travail dans le domaine de la communication notamment. Le secteur paroissial bénéficie depuis quinze jours des services d´une des étudiantes également formée comme professeur de boulangerie pâtisserie et qui vient de commencer un stage d´un mois avec 47 femmes d´un des quartiers les plus démunis. 

Avec l´arrivée de Delphine, nous allons aussi pouvoir reprendre le projet d´animation et de service social de la maison du migrant qui avait été  un peu mis de côté ces derniers mois. 

dscn03991.jpg tallerpanaderiaamf2609080091.jpg dscn04111.jpg 

Sur la paroisse, nous avons accueilli 2 sœurs d´une congrégation péruvienne qui offrent désormais leur service à mi-temps les fins de semaines du jeudi au dimanche. Elles logent sur les lieux mêmes de notre permanence paroissiale et assurent un service d´animation sociale et catéchétique auprès des femmes et des enfants d´un quartier en même temps qu´elles participent à l´équipe d´animation pastorale. 

Une autre communauté de sœurs boliviennes de La Paz nous a récemment contacté avec laquelle nous avons visité le secteur, mais elle n´a pas encore donné suite, peut être à cause de l´obstacle que peut représenter pour elles la langue quechua.  

Nous avons élargi notre action à d´autres quartiers et  à d´autres populations grâce à la participation bénévole de quelques étudiants de l´action sociale avec une de leurs professeurs qui assurent chaque semaine sur deux matinées et une après midi un travail de soutien scolaire et de visites sociales aux familles en difficulté. Grâce à eux, nous pourrons bientôt disposer de fiches d´action sociale et de suivi de ces familles ; d´ici peu nous serons en mesure de vous proposer le parrainage de quelques enfants pour lesquels nous sommes particulièrement inquiets en ce qui concerne leur alimentation, leur santé, leur scolarité et leur environnement familial.

 

voluntariosestudiantestrabajadoressociales310080082.jpg

Nous avons reçu aussi le soutien d´un médecin professeur d´université qui nous a fait la surprise à deux reprises dernièrement de nous offrir avec ses étudiants un travail d´investigation au bénéfice des habitants du secteur. Avec lui et un autre médecin de dispensaire, nous allons mettre en place sur un des quartiers les plus pauvres une permanence de service de santé et de soins infirmiers.  

La catéchèse nous pose un certain nombre de problèmes, les bénévoles sont peu nombreux et ont peu de temps à consacrer aux enfants et à leurs familles; les conditions de transports pour rejoindre ces quartiers un peu excentrés et incommodes d´accès sont difficiles dans certains cas. D´autre part, ils ne rencontrent pratiquement aucun soutien des familles des enfants qui pour la plupart sont démunies à bien des niveaux. 

Pour notre part, nous réunissons régulièrement les catéchistes et visitons chaque semaine leurs groupes tout en leur assurant le minimum au niveau de leurs frais de matériel catéchétique et de transport.  

J´ai été particulièrement sollicité ces dernières semaines pour des préparations sacramentelles et des célébrations en tout genre : baptêmes, mariages, bénédictions de lignes de taxi, obsèques, eucharisties, fêtes de quartier… Comme je suis le seul prêtre à travailler sur le secteur, le travail certaines semaines ne manque pas. Je commence à connaître de plus près la population de ces quartiers, mais comme ceux-ci s´étendent rapidement, les demandes pastorales augmentent en proportion.  

Nous venons de démarrer avec un jeune architecte l´étude d´un projet de construction de petite église sur le quartier le plus ancien du secteur. S´il est adopté par les habitants, il devra être ensuite présenté à la commission d´étude de l´archevêché et avec eux nous chercherons alors des possibilités de financement. 

Nous avons une autre petite chapelle qui nous cause des soucis, ayant été construite sur un terrain raviné par les pluies au bord de la route et dont les fondations devront être consolidées au niveau des fissures du sous bassement. Là encore, il va nous falloir trouver de l´argent.  

Je terminerai en évoquant l´action de soutien scolaire menée à bien conjointement par une petite équipe d´étudiants en sciences de l´éducation sur 3 quartiers. Suite à des difficultés avec la responsable du projet, nous avons du réorganiser le travail des équipes de bénévoles et repenser leur action à un niveau plus large. Aujourd´hui, nous avons l´espoir grâce à eux de pouvoir assurer la continuité de leur travail éducatif avec le soutien de l´association du pays basque Giltzarria et celui de quelques membres adultes des 3 communautés de quartier sur lesquels s´étend progressivement leur action. 

Il y a beaucoup à faire en ce domaine tant avec les enfants qu´avec leurs familles et nous travaillons pour cela à la création d´une association locale qui poursuit depuis quelques temps déjà l´objectif de fédérer ces efforts pédagogiques et sociaux. Si nos ambitions sont grandes en pensant à cette population et à ses attentes, nos moyens en matériel et en personnes sont limités. Nous manquons de responsables, de locaux et de ressources, nous faisons cependant le maximum pour soutenir et coordonner ce travail et pour assurer la mise en place des structures nécessaires à la pérennité de cette action. 

Les responsables de Giltzarria s´annoncent pour le mois de février 2009 et avec eux nous espérons bien pouvoir consolider cette œuvre qui est certainement promise à un bel avenir à seulement prendre en compte le nombre d´enfants de ces quartiers qui manquent d´un soutien et d´un accompagnement professionnel éducatif et social. 

  

Voilà pour l´essentiel brièvement résumé. Le temps me manque pour commenter plus en détails. 

Je vous joins comme d´habitude quelques photos pour agrémenter la lecture ; elles parleront d´elles mêmes je l´espère. 

 Je vous redis à chacun ma reconnaissance pour vos prières et votre soutien fraternel. 

Je tâche de ne pas vous oublier non plus de mon côté et vous assure de mon amitié et de ma prière. 

 Je vous enverrai sous peu un petit catalogue d´objets à commander pour les fêtes de Noël ou pur quelque autre occasion si le cœur vous en dit. De cette façon, vous participerez à cet effort de solidarité des bénévoles boliviens qui ont besoin de se sentir concrètement soutenu sur le terrain de la rencontre avec les familles en difficulté. 

 A très bientôt le plaisir de vous lire pour les plus fidèles en correspondance. Et que m´excusent ceux qui m´écrivent et auxquels je ne trouve pas le temps de répondre personnellement dans l ´immédiat. 

  

Un cariño y fraterno saludo a todos 

Jacques Delort 

Aucun commentaire.

Laisser un commentaire

akwateam |
OUED KORICHE |
lalogeuse |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | CFTC Schindler ascenseurs
| LES POMPIERS DE VERZENAY
| ROLLER A CHAUMONT