JOURNAL D’UN PRÊTRE EN BOLIVIE (8)

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Cochabamba lunes 1 de octubre 

Chers amis,

C´est avec une extinction de voix que je vous écris ! Il faut se méfier en ce début de printemps car les nuits peuvent être fraiches et la chaleur forte dans la journée surtout dans les voitures. Le temps reste à peu près égal à lui-même avec une température entre 20 et 25º les après midi et un ciel nuageux le plus souvent. La pollution est dit-on assez forte à Cochabamba située dans une cuvette montagneuse. 

Les semaines écoulées ont été riches en évènements de toute nature, heureux ou malheureux. 

Au plan politique tout d´abord, l´Assemblée Constituante, en charge de rédiger et présenter pour le 14 décembre un projet de Constitution, a du suspendre ses travaux et sessions suite à des affrontements, des manifestations et des grèves de la faim. Je ne commenterai pas davantage car les positions demeurent très partisanes et se radicalisent dans certains cas. Pour l´instant, on ne voit pas bien comment  se dénouera la crise à l´origine de laquelle s´opposent deux projets de société et deux courants de pouvoir politique et économique bien différents qui ne semblent guère disposer à chercher la conciliation. Le climat reste tendu et les opposants ne se font pour certains aucun cadeau sur la scène politique. 

Au plan économique, le coût de la vie a fortement augmenté ces derniers mois ce qui n´est pas sans conséquence pour la vie des familles aux revenus modestes. Le pouvoir d´achat de la classe moyenne qui représente encore une toute petite frange de la population a certainement progressé depuis deux ans. 

Au plan international, le jeu des alliances se modifie progressivement et des pays comme le Venezuela, Cuba,
la Chine, l´Iran tout récemment et d´autres encore deviennent pour
la Bolivie des partenaires de premier plan. 

L´Etat et les régions  ont lancé une politique de grands travaux pour améliorer notamment la qualité de certains itinéraires routiers. A d´autres niveaux structurels dans le domaine de l´équipement en réseaux d´eau potable ou d´électrification, de la construction de collèges, d´écoles primaire ou d´hôpitaux par exemple, se poursuit également cet effort de développement du pays attendu par les plus démunis. 

Les accidents de la route sont de plus en plus fréquents et meurtriers et la circulation est à certaines heures bien difficile dans une ville comme Cochabamba qui s´étend rapidement à la périphérie. 

Ce qui frappe dans cette ville, c´est la jeunesse et l´importance de sa population estudiantine et collégienne, c´est aussi son activité nocturne, la multiplication de ses commerces, ce sont enfin ces quelques travaux réalisés ou en cours visant son embellissement ou son attractivité. 

 

Dans le domaine de la vie ecclésiale et pour les activités pastorales qui me concernent plus particulièrement, le champ d´action ne varie guère. A souligner toutefois ces quelques réunions supplémentaires de jeunes collégiens, étudiants ou professionnels des quartiers où je travaille, avec des représentants de l´équipe internationale chargée de préparer la rencontre de Taizé du 10 au 14 octobre. Environ 4500 jeunes entre 17 et 35 ans sont attendus sur la ville, la majorité de Bolivie bien sûr et de divers pays d´Amérique latine, amis quelques uns aussi d´Europe et sans doute d´Asie et d´Afrique. 

Nous avons ainsi accueilli sur le territoire paroissial et à la maison du migrant une brésilienne, une chilienne, une allemande, une française, une bolivienne et une italienne. Chacune de ses rencontres fut l´occasion d´un témoignage et d´un échange avec les jeunes pour les préparer à cet évènement à dimension internationale et les aider à être dans ce monde de conflits et de violence des artisans de réconciliation et de paix. 8 d´entre eux éducatrices sur un des quartiers de la paroisse participeront à ces journées et une délégation de trente jeunes sera accueillie sur la maison du migrant dont nous avons la gestion. 

 

 

Nous préparons également pour la fin du mois la visite de l´archevêque qui vient célébrer la confirmation de 24 jeunes collégiens et étudiants ; je serai ce soir avec la communauté des adultes et des jeunes du lieu pour évoquer avec eux cette rencontre et en dégager les enjeux. 

Toujours à propos des jeunes, nous avons entamé samedi dernier avec l´équipe des volontaires de la pastorale des migrants un programme de rencontres dans les collèges à travers lesquels nous souhaitons réaliser une réflexion et surtout un document vidéo donnant la parole à ceux d´entre eux qui sont des fils de migrants soit pour être venus récemment de leur province à Cochabamba, soit pour compter dans leurs familles des parents, frères ou sœurs vivant en Espagne, Italie, au Brésil, en Argentine, aux Etats-Unis ou au Chili… L´ampleur du phénomène migratoire en Bolivie et ses conséquences dans la vie des jeunes et des enfants, nous ont amené à entamer avec eux ce travail de réflexion et de partage de leurs expériences. Nous souhaitons par là aussi les aider à dépasser les difficultés rencontrées et à grandir comme acteurs de cette société bolivienne qui vit une nouvelle page de son histoire pleine de promesses et en même temps exposée à bien des dangers et des pièges. 

De nouvelles équipes de catéchèse viennent de démarrer sur certains quartiers dans un contexte difficile, la présence des églises évangéliques et des sectes sèment souvent la confusion dans l´esprit de ceux qui nous reçoivent. Et lorsque l´on se déclare catholique dans ce cas, c´est souvent en référence à une pratique religieuse populaire bien établie liée au culte annuel des saints ou à une dévotion mariale bien ancrée. 

L´assistance aux célébrations du dimanche reste très faible sur le terrain; il est vrai que nous n´avons pas encore de quoi accueillir dignement la population des quartiers ; il nous manque des structures paroissiales dignes de ce nom. Et puis bien des gens travaillent à la ville ou chez eux le dimanche comme tout autre jour ou participent ce jour-là à des réunions dans bien des cas obligatoires de quartier ou d´écoles. 

Cette fin d´année va être pour moi un peu triste ; je me prépare à me séparer de deux bons compagnons : Jean Claude tout d´abord qui retourne en France plus tôt que prévu dans le courant de ce mois en principe ; il vient de recevoir sa nomination d´aumônier accompagnateur du MIDADE, disons l´Action Catholique des Enfants au plan international. Ce mouvement a son siège à Paris. Il sera donc également à mi temps sur son diocèse de Charente Maritime. C´est ensuite Antonio, cet autre prêtre avec lequel je travaillais depuis deux ans qui retourne lui aussi dans son pays d´adoption l´Argentine à la mi-décembre. Avec lui je travaillais au service diocésain de
la Pastorale des Migrants et il était mon collaborateur dans le travail paroissial. Seront-ils remplacés l´un et l´autre ? J´aimerais bien pour ma part mais rien n´est moins sûr. Et de quelle manière ? Cela reste encore pour moi une inconnue. 

Il y aurait encore bien d´autres choses sans doute à évoquer mais le temps me manque. 

Je joins comme de coutume quelques photos des rencontres de ce mois pour illustrer et commenter d´une autre manière cet écrit mensuel. 

Je renouvelle en terminant mes remerciements à ceux et celles qui pensent à m´envoyer en retour de leurs nouvelles à l´occasion. 

Je me confie bien sûr à vos prières pour ceux qui partagent la foi chrétienne avec ce désir qui nous anime de la voir illuminer la vie de ceux que nous rencontrons et qui nous demandent d´en rendre compte. 

A bientôt de vos nouvelles à chacun. Merci de me lire et de me garder votre affection et votre amitié. 

 

Un cordial y cariñoso saludo a cada uno 

Jacques DELORT

(Prêtre fidei donum en Bolivie depuis 2005)
 

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